- Déjà s ‘envole la fleur maigre.
Paul Meyer fut un des grands cinéastes belges, « la perle du cinéma wallon », dira Jean-Paul Riga, qui lui a consacré un ouvrage. Ce fut un cinéaste engagé et polémique, audacieux dans la dénonciation des conditions de travail injustes et de la misère sociale. Paul Meyer n’a jamais hésité à dire ce qu’il pensait, quels que soient les tabous auxquels il s’attaquait. Cinéaste politique, au sens le plus noble du terme, Meyer fut notamment l’auteur de ce classique qu’est devenu « Déjà s’envole la fleur maigre » (1959). Son œuvre fut l’objet de censure et de boycott, mais elle fut admirée par les grands auteurs du néo-réalisme italien et n’est pas étrangère aux options prises par le cinéma des frères Dardenne.
- Le prix des Lycéens du Cinéma.
C’est une manière d’accrocher un jeune public aux réalisations cinématographiques de notre Communauté, pour lesquelles il ne semble pas avoir a priori d’affinités électives. C’est la deuxième édition de ce prix et le succès avait été au rendez-vous de la première puisque près de 4.000 élèves du secondaire y avaient participé. Cette première édition avait vu le triomphe d’Harry Cleven avec « Trouble ».
Cette année, un jury a pré-sélectionné cinq films : « Irina Palm » de Sam Garbarski, « Nue Propriété » de Joachim Lafosse, « La raison de plus faible » de Lucas Belvaux, « Comme tout le monde » de Pierre-Paul Renders et « Si le vent soulève les sables » de Marion Hänsel.
« Il faut à tout prix changer le regard sur notre cinéma, qui ne rencontre pas suffisamment son public […] Et pour ce faire, il faut établir un contact entre les artistes et les jeunes » déclare Henry Ingberg.
A ces jeunes de jouer maintenant et de faire leur choix, un choix réfléchi et argumenté.

- Interdiction de certains passages du reportage de la RTBF sur Tintin.
Le tribunal de première instance a interdit la diffusion de certains passages du reportage consacré par la RTBF au monde de Tintin.
En cause notamment, l’emploi d’une caméra cachée lors de l’entretien accordé au journaliste par Nick Rodwell, patron de la société Moulinsart. Cette décision judiciaire repose évidemment la question des moyens et stratagèmes qu’un journaliste est en droit d’utiliser pour obtenir son information. C’est un problème de déontologie. Mais les interprétations de ce concept sont souvent fonction des situations de travail, des objectifs poursuivis, du type d’investigation, de la charte interne à l’organe de presse, etc.
Bref, un moyen considéré comme « déloyal » dans certaine circonstances pourrait trouver sa justification dans d’autres, au nom d’une volonté de dénonciation. Il pourrait faire aussi partie d’un certain sensationnalisme de mauvaise aloi et devenir un élément de cette surenchère médiatique dont il est si souvent question. La débat sur ce point valait la peine d’être organisé.
La page Forum du Soir du 13/14 octobre a ainsi mis en présence Jean-François Dumont, Président de l’Institut de Journalisme, et François Heinderyckx, professeur de sociologie des médias à l’ULB. Un débat à lire, car bien argumenté, un débat aussi qui met en évidence la nécessité d’instaurer enfin le Conseil de Déontologie qu’on nous promet.

- Décès de Henry Ingberg
Un grand Monsieur s’en est allé. Henry Ingberg était Secrétaire de la Communauté française, les dossiers qu’il traitait étaient donc aussi nombreux que diversifiés.
Nous voulons tout particulièrement souligner ici l’intérêt qu’il a toujours témoigné à l’égard de l’éducation aux médias, qu’il considérait comme un passage obligé vers un épanouissement de l’individu et une responsabilisation du citoyen.
Le C.E.M. était, selon son expression, « le noyau dur » de cette volonté citoyenne et, plus d’une fois, il avait regretté la faiblesse des moyens mis à la disposition du Conseil. Henry Ingberg avait, par ailleurs, perçu la nécessité et l’urgence de « réconcilier » culture et enseignement et de ressusciter ces activités dites « parascolaires » des années 60-70. Le tout récent décret Culture-Ecole marque un premier aboutissement de cette volonté et pourrait nous conduire, un jour, vers cette grande synthèse éducative qu’on est en droit de souhaiter pour nos jeunes. Henry avait toujours accordé, dans ce contexte, une attention très particulière à l’ouverture de l’école vers le cinéma et les mots d’encouragement et de soutien qu’il avait eus à l’égard de notre Concours Vidéo interscolaire en témoignent. Un homme important s’en est allé, un ami.

- Le nouveau « Libération » est arrivé
Il y a un an le quotidien français de gauche traversait une grave crise financière. Une nouvelle formule est issue de ces bouleversements. Le journal adopte dorénavant la couleur et son directeur, Laurent Joffrin, veut éviter d’accentuer un certain pessimisme rédactionnel qui pouvait caractériser la publication.
Celle-ci sera désormais composée de trois parties : une dizaine de pages aux choix éditoriaux, une page « histoire ou homme du jour », une page « contre-journal » ; ensuite, quatorze pages pour le reste de l’actualité et, enfin, une partie consacrée aux idées et à la culture.
- Education critique à la publicité
La campagne de publicité DOVE ne manque pas d’intérêt. DOVE, pour rappel, est une marque de cosmétique et de produits d’hygiène corporelle. DOVE fut producteur d’un petit film qui obtint le grand prix du Festival de la Publicité à Cannes. La firme renouvelle son défi avec un nouveau film intitulé « Onslaught » (matraquage) avec son slogan « Parlez à votre fille avant que l’industrie de la beauté ne le fasse ».
Les images s’y bousculent, il paraît que la gamine du film en a vu défiler plus de 250.000. Ces photos façonnent progressivement les représentations de la beauté féminine. Autant savoir… Ceci dit, on peut facilement imaginer que le propos de DOVE n’est pas lui-même innocent et que sa campagne « pour toutes les beautés » - de celles des gamines à celles des mamys – est aussi un programme qui « fait vendre ». Mais ceci dit, on aurait tort de se désintéresser du concept qui est exploité ici même s’il s’identifie à une stratégie précise de marketing à l’égard des quinquas. Notamment le calendrier qui invite ces dames ayant accepté de s’afficher nues face à l’objectif photographique « On ne veut pas choquer, mais susciter le débat d’idées. » explique l’équipe DOVE et, pour celles-là même qui ont accepté de participer au casting, c’est un beau défi et, en même temps, l’occasion de « se sentir belle », ça n’a pas de prix… Mais, pour nous, c’est surtout une approche intéressante en termes d’éducation aux médias.

- L’affiche polémique sur l’anorexie interdite en Italie.
On a encore à l’esprit la publicité du photographe italien Oliviero Toscani représentant une jeune femme anorexique. Cette publicité jugée choquante vient d’être interdite en Italie précisément par le jury de l’Institut d’autocritique publicitaire (I.A.P.). Une des raisons est que cette image est « instrumentalisée à des fins commerciales ». Toscani crie évidemment à la censure et dénonce les membres du jury de l’I.A.P. comme des « personnages anachroniques qui ont fait leur temps »… C’est en tout cas un beau sujet de débat, où il importe de n’oublier aucune des composantes de la problématique.
- Le plan PEPS (Préservation et Exploitation des Patrimoines)
Nous avions évoqué, par ailleurs, le programme de numérisation des journaux mis en dépôt à la Bibliothèque royale. C’était là une des composantes d’un plan plus large organisant la sauvegarde du patrimoine culturel de la Communauté française par la numérisation. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de préserver et de rendre accessibles au public un ensemble de documents ou de « textes » allant des archives cinématographiques aux collections muséales en passant par les programmes audiovisuels et sonores de la RTBF.
Ceci implique un premier inventaire et l’attribution de certaines priorités en fonction de menaces encourues par certains supports. C’est le cas notamment du fameux syndrome du vinaigre qui met en péril quelque 6.000 heures d’archives de la RTBF.
Mais un tel programme implique aussi des moyens financiers, on se doute qu’ils ne sont pas minces, des moyens humains aussi. Par exemple, dix à vingt personnes seront affectées à l’opération pour la seule RTBF. Mais il est urgent de prendre de telles mesures pour protéger un patrimoine médiatique qui risquerait de se dégrader très vite et dont les contenus, par ailleurs ne pourraient plus être consultés.

- lesoir.be
Le site du Soir en ligne multiplie les articles, les vidéos, les extraits sonores, les portfolios, forums, dossiers, blogs et autres chats. Bref, le multimédia s’impose à la presse écrite avec une volonté d’interactivité accrue. En juillet 1996, Le Soir était devenu le premier quotidien francophone belge à s’installer sur le net. Dix ans plus tard, cette initiative a prospéré et le site méritait d’être non seulement « relooké » mais de subir un sérieux « lifting ».
lesoir.be peut ainsi s’imposer comme le premier site d’informations générales en Communauté française. Il paraît que 80.000 internautes y surfent quotidiennement. Ainsi, l’actu. est un être vivant, qui se développe, se modifie, se restructure sans cesse. Néanmoins, la révolution entend respecter les conventions graphiques du web. « Internet est d’abord un média écrit » nous dit-on (?). Et le public ? La rédaction nous en propose une première typologie du « surfeur fou » à « l’info-addict de niveau 1 », du « nouveau venu » à l’intarissable polémiste », du « roi des concours » au « boulimique de culture ». Voici, en tout cas, de nouvelles donnes pour les adeptes d’Ouvrir mon quotidien… « Convergence », vous aviez dit « Convergence ».

- Les agences de presse en congrès mondial.
Nous en connaissons l’importance pour la circulation de l’info. Les agences de presse vont débattre de l’accès à l’information et du rôle croissant des nouvelles technologies. Une centaine d’agences internationales et nationales se retrouvent ainsi à Estepona (Espagne). La couverture des grands évènements sportifs sera à l’ordre du jour… les jeux olympiques de Pékin ne sont pas loin. On y parlera aussi inévitablement de l’info dans les zones de conflit comme l’Irak.
- Le plan stratégique RTBF 2011.
Le nouveau plan vise à intégrer plus étroitement les deux médias de base de la RTBF que sont TV et radio, pour créer les synergies destinées à alimenter les extensions numériques de l’institution : l’internet, la vidéo à la demande, la télé mobile. Et tout ceci doit pouvoir s’effectuer dans le cadre du plan Magellan. Déclinaisons multiples , « évolution inéluctable », nouveaux médias qui diversifient et prennent la relève.
Décidément, 2012 n’est pas loin avec le « tout numérique »… « Convergence », vous aviez dit « Convergence »…
- Renouvellement du Bureau du CSA
Le Gouvernement de la Communauté française a désigné, par un arrêté du 26 octobre, les quatre membres qui composeront désormais le Bureau du CSA pour un mandat de cinq ans. Il s’agit de Marc Janssen comme Président, ainsi que de Pierre Houtmans, Jean-Claude Guyot et Pierre-François Docquir, comme vice-présidents.
A l’occasion de ce renouvellement, rendons hommage à Evelyne Lentzen qui présida le CSA pendant 10 ans et sut lui donner sa maturité et son indépendance.
- Une pub flashante pour PS 3
Le visuel de la nouvelle Playstation 3 est « flashant » et en met plein la vue… La console de jeu n’a pas lésiné sur les moyens et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce globe oculaire accroche… surtout lorsqu’il s’étale sur une affiche de 38 m² - « Entertainment like you’ve never seen before »… Quelle que soit la lecture que l’on fasse de cette pub, aux prolongements multiples (au propre et au figuré), on ne peut rester insensible à la campagne, ni aux enjeux de l’appareil qui permet de faire converger ( !) un certain nombre de loisirs digitaux, tels que le visionnement de films, le partage de photos, l’audition musicale, la communication.