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Mars 2008

  • Leterme sur YouTube

    Après Daerden et les autres, voici Yves Leterme qui nous gratifie d’un numéro sur YouTube. Son intervention est, selon les cas, jugée pathétique, diplomatique, « royale », etc. Ce que nous aimerions simplement souligner ici, c’est l’emprise du Net sur la communication politique. On savait Leterme, comme bien d’autres, fervent adepte des nouvelles technologies. On a, en tous cas, ici la preuve d’un message parfaitement maitrisé où le (futur ?) premier s’adresse à ses (futurs ?) administrés pour les remercier de leurs témoignages de sympathie à l’occasion de son hospitalisation, mais aussi pour reprendre contact avec eux de la manière la plus cool qui soit.

    Ce que nous voudrions également souligner, c’est le rôle que le Net est désormais appelé à jouer dans les contacts entre le « bon peuple » et ses représentants. Le Net est déjà en train de supplanter les médias classiques ; affiches, écrans TV, spots radio, … Au-delà des pratiques de campagne électorale, il pose aussi de nouvelles questions au plan de la déontologie, de la régulation, mais aussi de l’efficacité.

    Soit dit en passant, la campagne présidentielle américaine est suivie par 24 % des citoyens sur la toile. Les programmes des candidats, les résultats des primaires, les interviews, les déclarations des militants, s’y bousculent  au gré des sites, blogs, réseaux sociaux et autres communications en ligne. La proximité s’y impose comme un facteur important mais les contenus, le style, le côté émotionnel ou plus détaché, la parodie, le plagiat, sont autant de critères à prendre en compte dans les évaluations qu’on ne manquera pas d’effectuer sur l’influence du nouveau média. Appel à tous les doctorants en info et commu…il y a ici matière à quelques thèses !
  • La presse magazine en 2007

    Après la publication des chiffres CIM de la presse quotidienne, voici ceux de la presse magazine. On y remarque une belle progression du Soir Magazine (+ 12,7 %), les nouveaux choix éditoriaux sont donc payants. Remarquable progression également de La Libre Match/Paris Match (+ 25,8 %) et un autre titre en progression (+ 4,3 %) Le Vif-L’Express. Par contre, on note un recul assez prononcé des titres axés sur la diffusion des programmes TV. C’est vrai, notamment, pour Ciné Télé Revue, Télépro et Télé Moustique.
  • La presse en ligne

    Des chiffres sont également disponibles, qui concernent la presse en ligne initiée par les quotidiens d’information. lesoir.be vient en tête devant la D.H., la Libre, et RTL Info.
  • « Persépolis », un joli succès

    On se souvient des succès remportés par l’œuvre de Marjane Satrapi à Angoulême, Cannes, Hollywood. Cet hymne au respect de l’autre et à la liberté vient de se voir à nouveau récompensé, à Monaco cette fois, où le dessin animé de l’auteure iranienne reçoit le prix de la meilleure adaptation littéraire. En final, c’est bien d’une adaptation de B.D. qu’il s’agit. Dans une interview accordée au Soir du 10 mars, Marjane Satrapi déclare notamment ceci : « Le dessin est une écriture au service de la narration, de l’expression, de l’émotion. Au cinéma, comme en bande dessinée, il faut d’abord penser à raconter une histoire. La différence entre les deux, c’est que le livre reste une performance individuelle, où l’auteur est seul avec lui-même. Au cinéma, il faut passer deux ans avec cent personnes autour de soi… » et encore ceci, qui permet effectivement toute une réflexion sur la convergence des supports. « L’abstraction du dessin permet plus facilement à chacun de s’identifier aux personnes. Le dessin animé facilite le passage d’un niveau de narration à l’autre, de la famille à la guerre, de Dieu à la politique… ».  Voici des prises de position qui méritent certes d’être analysées, mais viennent alimenter, en tout cas, et peut-être renouveler la réflexion sur toute la problématique de l’adaptation à l’écran.
  • « InterMédias » à la R.T.B.F.

    Voici donc l’émission qui va succéder à Décode…Inutile de dire que les adeptes de l’éducation aux médias se sont réjoui de la découvrir. C’est Alain Gerlache qui la programme un lundi par mois en deuxième partie de soirée. Elle dure quelque 70 minutes. Son titre permet d’imaginer une partie de l’enjeu, à savoir : la convergence, avec la rencontre d’internet et des médias dits classiques. Une émission, nous dit son auteur « disponible sur tous les médias et traitant de tous les médias ». D’ailleurs, l’émission de télé du lundi est recoupée par le site Internet et les émissions radio. On se trouve aussi avec « InterMédias » à la rencontre de l’émission classique de médiation et de l’émission d’éducation aux médias. Ainsi, dans la première livraison, on trouve aussi bien un débat sur la pub à la R.T.B.F. entre Frédéric Antoine (UCL) et Jean-Paul Philippot, une information sur le rôle des nouveaux médias dans la présidentielle américaine, une réponse de François de Brigode à une téléspectatrice ayant adressé une plainte à propos d’images violentes diffusées sur la chaîne en référence aux émeutes du Kenya. C’est un rendez-vous à ne pas manquer à l’avenir.
  • Trop de com. tue la com.

    Nous faisons ici référence à un article de Pierre Havaux, « G.S.M. et Blackberry nuisent aux négociations » paru dans « Le Vif-L’Express » du 7 mars. L’auteur y fait allusion à l’invasion des négociations gouvernementales par les G.S.M., ordis portables et autres Blackberry, et il montre comment l’attirail de ces hommes branchés que sont les Leterme, Reynders, De Wever et pratiquement tous les responsables politiques qui participent aux négociations, notamment à Val Duchesse hypothèque la communication interpersonnelle. Il y a effectivement un paradoxe étonnant entre un lieu, qui, par définition évoque le huis-clos, la confidentialité des pourparlers et le va-et- vient des S.M.S., et e-mails, qui permettent aux partenaires d’être en contact constant avec leurs collaborateurs. Il y a quelques années, un simple coup de fil, lors d’un conclave, aurait été tout à fait impensable et aurait été considéré comme un signe de faiblesse ou de méconnaissance des dossiers. Mais les S.M.S. ne s’adressent pas qu’aux collaborateurs, ils peuvent être adressés à un journaliste ou provenir d’un membre de la presse qui pourra alors répercuter l’info, avant même que la réunion soit terminée, ce qui ne manque pas évidemment de poser quelques problèmes. Cette « nouvelle culture » est analysée par des politologues ou des spécialistes de la communication qui en pointent les effets pervers. « Il me paraît difficile, dit Armand De Decker, Président du Sénat, de demander aux négociateurs de déposer leur G.S.M. à l’entrée comme on le faisait avec les revolvers à l’intérieur d’un saloon dans le Far West ». Soit. Il paraît d’ailleurs qu’au Comité des sages, la discipline règne. Mais ce n’est peut-être qu’une simple histoire de génération…
  • Liberté de la presse sur le Net

    Reporters sans Frontières lance avec l’Unesco une première journée en faveur de la liberté d’expression sur Internet. La Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Egypte, l’Erythrée, la Tunisie, le Turkménistan et le Vietnam, sont les neufs pays qui sont cloués au pilori pour leur répression au niveau du web. Soit ils contrôlent, filtrent, censurent, soit ils emprisonnent les blogueurs et autres « cyberdissidents ». Et il semble bien que la tendance à la « régulation » ne soit pas sur le point de diminuer. RSF a, par conséquent, décidé de souligner les violations et les stratégies de certains gouvernements pour bloquer les contenus.
  • Formation continuée pour parents

    Les jeux vidéo rencontrent le succès que l’on sait auprès de nos ados et des plus jeunes. Un monde souvent hermétique pour bon nombre d’adultes, les parents en particulier, qui se sentent mis à l’écart ou sont tout simplement frustrés de ne pouvoir dialoguer avec leur rejeton. dreamland.be leur propose quelques cours particuliers, histoire de leur permettre d’avoir accès à cet objet mythique qu’est devenue la console. Voici de quoi jeter une première passerelle entre générations.
  • Pub à la télé – suite, et pas fin !

    On connaît l’ampleur des vagues que la déclaration de Sarkozy sur la suppression de la pub a provoquée en France et à l’étranger. Chez nous, l’Union Belge des Annonceurs essaie de prouver que la RTBF est un maillon essentiel de la couverture publicitaire de la Wallonie et de Bruxelles. En outre, RTL TVI bénéficierait alors d’une situation de monopole et il n’y aurait plus cette complémentarité que l’U.B.A. apprécie particulièrement. A terme, ceci pourrait signifier un désinvestissement des annonceurs chez nous. La situation est différente en Flandre, où la presse quotidienne et magazine, plus dynamique que chez nous, attire l’annonceur. Et la porte-parole de l’U.B.A. d’ajouter qu’il y aurait une corrélation entre le niveau des investissements publicitaires et la croissance du PIB…

    En attendant, des associations citoyennes comme la Ligue des Familles ou l’ASBL Respire invitent le Parlement de la Communauté française à financer une étude sur les conséquences d’une éventuelle suppression de la pub à la RTBF. Une pétition est en ligne.
  • Rapport d’activités du CSA pour 2007

    Le 21 mars, Marc Janssen, l’actuel Président du CSA, a présenté aux membres du Conseil et à la presse le rapport d’activités du CSA pour 2007. Après avoir rendu hommage à Evelyne Lentzen qui a contribué à  la crédibilité du CSA, il a souligné comment ce Conseil pouvait être un lieu de rencontre et de synthèse. Il s’est également employé à montrer comment les trois instances du CSA avaient œuvré à la régulation du paysage audiovisuel en Communauté française. La constitution progressive d’une équipe de collaborateurs compétents a permis de mettre au point avis et règlements, par exemple, sur les programmes de radio et de TV en période électorale, sur l’éthique de la publicité audiovisuelle à destination des enfants, ou encore sur le droit à l’information. La problématique de l’attribution des fréquences radio a été abordée, l’autopromotion dans les journaux TV et la communication publicitaire ont également fait l’objet de recommandations. Quant au C.A.C. (Collège d’Autorisation et de Contrôle), il a remis un avis sur le respect des obligations réglementaires et conventionnelles des éditeurs privés et publics et, pour la première fois, il s’est prononcé sur les éditeurs de services de radiodiffusion sonore émettant par d’autres moyens que la FM (principalement Internet).
  • « Blood calls blood » (Macbeth,Shakespeare) and … B.I.F.F.F. (26th Brussels International Fantastic Film Festival)

    86 longs métrages…et pratiquement toutes les déclinaisons du genre, sachant que les zombies font un retour remarqué et que le sang est bien à la une de ce festival qui, désormais, fait figure d’un des classiques du genre en Europe. Une heureuse surprise parmi d’autres : quatre longs métrages belges qui figurent en bonne compagnie, à côté des spécialistes du cinéma fantastique comme George Romero, Dario Argento, Mickaël Haneke et autres connaisseurs en morts-vivants ou en horreur gothique. La très alléchante affiche de Marini guide vos pas jusqu’à Tours et Taxis où les tueurs frapperont jusqu’au 8 avril.
  • R.S.F. et les jeux de Pékin

    La cérémonie de la flamme olympique a été perturbée à Olympie par une équipe de Reporters sans Frontières. « Dans la charte Olympique, déclare Robert Ménard, Secrétaire général de R.S.F., on parle de la dignité humaine. Or, faire du sport à l’ombre des prisons, cela ne nous semble pas la meilleure façon de respecter la dignité humaine… ». L’objectif premier est de boycotter non les jeux eux-mêmes mais la cérémonie d’ouverture qui traditionnellement attire les responsables politiques du monde entier. Une censure chinoise de certaines manifestations pourrait aussi entraîner le refus de couverture médiatique des J.O. à Pékin.
  • GSM et ordis à Cuba

    Le Cuba de Raul Castro évolue peut-être vers une certaine forme de libéralisation. A partir du 1er avril, les Cubains ont le droit d’acheter des ordinateurs et des téléphones portables, qui jusqu’à présent étaient réservés aux seuls étrangers, hauts fonctionnaires et chefs d’entreprises. Ainsi, la fracture numérique pourrait se réduire ici aussi, pour autant évidemment que le pouvoir d’achat suive… Néanmoins, l’accès à l’Internet reste problématique bien que la débrouillardise réussisse souvent à contourner les freins politiques et économiques, en mettant en place un réseau souterrain d’échange d’infos, ou, plus simplement, de films récents et de musiques jusqu’alors inaccessibles.
  • Les planches originales de B.D. au hit parade des ventes publiques

    La B.D. est un art, mais aussi un média qui a toujours bénéficié d’une grande diffusion auprès de publics de 7 à 77 ans. Ces derniers temps, les planches originales atteignent des sommets auprès des grands opérateurs de ventes cataloguées, à fortiori lorsque l’exemplaire est dédicacé par l’auteur. Ainsi, Hergé, Bilal, Franquin, Pratt ou Uderzo, font un malheur en salles de ventes. Leurs planches ou couverture originales flirtent avec les 200.000 euros. Un paramètre qui est commun au marché de l’art ainsi qu’à la production et à la diffusion médiatiques…Aux dernières nouvelles, on en est même à 764.000 € pour une gouache d’Hergé datée de 1932 et destinée à la couverture de Tintin en Amérique.
  • Un média peut-il « acheter » un témoin en justice et en acquérir ainsi l’exclusivité ?

    Plainte a été déposée par la RTBF auprès de l’AJP contre RTL-TVI.

    Objet de la plainte : l’exclusivité des déclarations et interviews de Dahina Leguennan, qui fut l’une des premières victimes de Michel Fourniret.

    La chaîne privée a payé les frais de déplacement et d’hébergement à Charleville-Mézières de ce témoin important en échange de cette exclusivité. Benoît Moulin, chef de la rédaction du JT de la RTBF, n’hésite pas à déclarer : « Celui qui aura le plus de pognon empêchera les autres d’accéder aux sources d’information. On sort des règles normales de la concurrence. C’est l’information en général qui en pâtira ». Mais la rédaction de RTL se défend évidemment d’empêcher l’accès à l’information évoquant, par ailleurs, des cas précis où elle fut, elle-même, pénalisée par ce genre de procédé… Bref, ces dépôts de plaintes ne sont pas faits pour rendre l’atmosphère plus sereine entre les deux chaînes.
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